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Les bonnes pratiques environnementales présentées au Titre 1 visent essentiellement à limiter l’apport en éléments nutritifs (principalement phosphore et azote) dans un lac. L’eutrophisation (vieillissement du lac) est un procédé naturel très lent, par lequel des nutriments s’accumulent graduellement dans un milieu. Le lac devient riche en éléments nutritifs, ce qui apporte de grands changements au niveau de la faune et de la flore qui l’occupe. Dans le cas d’un lac, ce processus durera généralement plusieurs milliers d’années et transformera le lac en marais, puis en tourbière et finalement, en forêt.  Malheureusement, l’eutrophisation causée par les activités humaines se fait de façon accélérée; on parle de dizaines d’années au lieu de milliers. Les conséquences sont alors sérieuses pour la faune et la flore du lac, mais aussi pour ceux qui utilisent le lac, que ce soit pour la pêche, la baignade, pour s’approvisionner en eau ou pour toute autre activité.

Au delà de l’accélération du vieillissement de nos lacs, certains enjeux et conséquences causées par les mauvaises pratiques des usagers sont décrites dans les sections qui suivent : l’apparition de fleurs d’eau de cyanobactérie (algues bleu-vert), la prolifération du périphyton,  la multiplication des plantes aquatiques et des algues et l’envahissement  potentiel des espèces exotiques envahissantes introduites par les bateaux d’un lac à un autre Des références sont fournies pour chaque sujet.

Apparition de fleurs d’eau de cyanobactéries (algues bleu vert)

Les fleurs d’eau qui inquiètent tant les riverains sont causées par les cyanobactéries, dites algues bleues, mais en réalité les scientifiques les considèrent maintenant comme des bactéries. Si leur présence dans nos lacs est normale, il survient toutefois des problèmes lorsqu’elles prolifèrent de façon anormale. Dans ce cas, elles deviennent visibles sous forme de fleur d’eau (ou bloom) : elles donnent alors une coloration bleuâtre à verdâtre à l’eau, prennent une forme filamenteuse, ou encore elles forment une écume (mousse) à la surface de l’eau. Ces fleurs d'eau peuvent ressembler notamment à une soupe au brocoli, à une purée de pois ou à un déversement de peinture 

Ces fleurs d’eau sont rarement rougeâtres, mais souvent vertes ou turquoise. 

Certaines espèces peuvent produire des toxines qui sont dangereuses pour notre santé. Ces toxines peuvent provoquer des irritations de la peau, du nez, de la gorge et des yeux ainsi que des maux de ventre, des vomissements et des diarrhées en cas d’ingestion. Les proliférations de cyanobactéries se produisent dans les lacs qui reçoivent un apport important en éléments nutritifs, particulièrement en phosphore. Une prolifération d’algues bleu-vert peut être déclenchée par divers facteurs physiques comme la température élevée de l’eau, la stagnation de l’eau et les apports en phosphore. C’est d’ailleurs ce dernier qui est identifié comme étant le principal coupable. En effet, les cyanobactéries ont besoin de nutriments pour leur croissance comme les algues et les plantes aquatiques en général. Lorsque les apports en nutriments, dont le phosphore, sont abondants, les cyanobactéries prolifèrent et croissent rapidement, envahissant les plans d’eau. Les apports en phosphore sont présents naturellement via les eaux de ruissèlement, les déjections animales et la décomposition de la matière organique, mais on doit ajouter à cela les sources humaines de plus en plus nombreuses. Les engrais, les rejets des installations septiques, les savons et détergents, les feux d’artifice, les cendres des feux de bois, le surdéveloppement et la dégradation des rives sont tous des éléments contribuant à augmenter la quantité de phosphore dans les plans d’eau. Un seul épisode de fleur d’eau a été constaté au Grand Lac des Cèdres en 2018 et rapporté au Ministère. 

Ces fleurs d’eau peuvent affecter la santé des usagers du milieu aquatique si les cyanobactéries et toxines qu’elles produisent (cyanotoxines) sont présentes en trop grande quantité. Les usages sensibles concernent surtout ceux qui entraînent un contact direct avec les eaux affectées (baignade, planche à voile, enfant qui s’amuse sur le bord de l’eau, etc.). Des sources servant d’approvisionnement en eau potable peuvent aussi être touchées. Un traitement adéquat doit alors être appliqué. Le Ministère est responsable du Plan d'intervention sur la gestion des fleurs d'eau de cyanobactéries au Québec. Sur le terrain, les actions du Ministère relèvent des directions régionales. Celles-ci agissent en étroite collaboration avec les directions de santé publique.  Une fleur d’eau de cyanobactéries peut présenter des risques pour la santé des baigneurs et des autres usagers du milieu aquatique. Par conséquent, en vous aidant des fiches incluses dans le guide, si vous suspectez la présence d’une fleur d’eau, nous vous invitons à rapporter cette situation sans délai à l’Association de Protection des Lacs des Cèdres (APLC) qui en avertira la Direction Régionale de l’Outaouais du MELCC à l’aide du formulaire « Constat visuel de la présence d’une fleur d'eau de cyanobactéries ». 

Pour de plus amples renseignements sur la prévention des effets sur la santé des cyanobactéries, voir les documents en référence. 

Prolifération du périphyton
Multiplication des plantes aquatiques et algues
Eutrophisation d’un lac (vieillissement)
Installation d’espèces exotiques envahissantes

Documents appuis

Cyanobactéries :

Périphyton :

Plantes aquatiques :

Eutrophisation :

Espèce exotique envahissante :

Phosphore et azote :